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(12/15) 2016 : Auto-entrepreneur, un régime d’appoint, jugé utile mais précaire

L’Observatoire de l’Union des Auto-Entrepreneurs publie une étude sur les auto-entrepreneurs, réalisée par l’institut Opinion Way, auprès des intéressés eux-mêmes, mais aussi des entreprises et du grand public. L’occasion de mieux cerner les contours de ce régime et la réalité de ceux qui l’ont choisi.

Une part d’activité qui progresse

C’est un fait, 7 ans après la création de leur régime, les auto-entrepreneurs constituent aujourd’hui un acteur à part entière dans le paysage économique français. La preuve : 19% des Français et 27% des dirigeants d’entreprises ont déjà fait appel à leurs services. Ces derniers sont même 68% à affirmer que le recours aux auto-entrepreneurs devrait se développer à l’avenir, dans le domaine du B to B.

Un statut propice aux activités de services

Difficile de tracer un portrait-type de l’auto-entrepreneur, tant ce statut recouvre des réalités variées en termes d’âge, de sexe, de secteur d’activité, de temps de travail ou de chiffre d’affaires. Néanmoins, quelques tendances se dégagent. Sur le plan sectoriel d’abord :

  • De ce point de vue, les auto-entrepreneurs travaillent majoritairement dans le secteur des services. C’est le cas pour 64% d’entre eux, dont 25% dans les services aux entreprises et 39% dans les services aux particuliers.
  • Seulement 20% pratiquent une activité commerciale.
  • Les 16 % restants interviennent dans les secteurs du bâtiment et de l’industrie.

Autre constat : ce régime attire davantage de femmes que les autres statuts. Elles représentent 41% de la population des auto-entrepreneurs, contre 30 % en moyenne de celle des créatrices d’entreprises.

Un complément d’activité, plus qu’un travail à part entière

Autre tendance marquée : l’auto-entrepreneuriat est souvent synonyme de multi-activités. C’est vrai pour 61 % des auto-entrepreneurs. Parmi eux, 47 % tirent un revenu de complément de cette activité. Et 14 % seulement leur revenu principal.
D’ailleurs, un auto-entrepreneur ne consacre à sa petite entreprise que 26 heures en moyenne par semaine. Mais avec une amplitude horaire importante toutefois : 32% y consacrent moins de 14 heures hebdomadaires, tandis que 30% y consacrent plus de 35 heures.

Des freins jugés pénalisants par les intéressés

Malgré son développement, le régime de l’auto-entrepreneur est confronté à plusieurs freins :

  • auto entrepriseLe premier tient à son insécurité juridique vis-à-vis des donneurs d’ordre professionnels. Pour les entreprises qui ont recours à un auto-entrepreneur, le risque de requalification en salaire déguisé pèse. Et il croît, puisque 30% des auto-entrepreneurs possèdent un client qui totalise 50% ou plus de leur chiffre d’affaires. Pour deux dirigeants d’entreprises sur trois, ce risque est jugé important. Et il pénalise nettement les auto-entrepreneurs, puisqu’un dirigeant sur deux serait prêt à faire davantage appel à eux s’il disparaissait.
  • Autre frein : la faiblesse du régime de protection social des auto-entrepreneurs. Parmi les problèmes évoqués : le manque de couverture sociale (81%), la difficulté d’obtenir un prêt bancaire (80%), la difficulté de louer un logement (67%), ou encore d’ouvrir un compte bancaire (55%). Utile et même nécessaire, dans un marché de l’emploi fortement dégradé, le régime de l’auto-entrepreneur reste un statut précaire.

RH Solutions / Décembre 2015 /  Thibault Bertrand