Quand on se lance comme indépendant, la facturation paraît simple : réaliser sa mission, envoyer une facture, puis attendre le règlement. En pratique, il faut respecter plusieurs règles, intégrer les bonnes mentions, suivre les paiements et s’adapter aux processus de chaque client. Et depuis la facturation électronique, ces habitudes évoluent encore.
Micro-entrepreneur, consultant indépendant ou salarié porté : qui établit la facture, comment est-elle envoyée et qui assure son suivi ?
Voici les règles essentielles à connaître et les principales différences entre la facturation en indépendant et la facturation en portage salarial.
Facturation avec le statut indépendant / micro entreprise
Pour un indépendant, la facturation fait partie du quotidien. Après chaque mission, il doit établir une facture conforme et y faire figurer les informations essentielles :
- identité et coordonnées du vendeur et du client,
- numéro et date de facture,
- description de la prestation,
- quantité ou nombre de jours facturés,
- prix unitaire ou TJM,
- montant HT,
- taux et montant de TVA lorsqu’elle s’applique, total TTC,
- délai et conditions de paiement,
- ainsi que les éventuelles pénalités de retard.
Selon le client, d’autres références peuvent être demandées, comme :
- un numéro de commande ou
- un code fournisseur.
Cette facturation peut être réalisée :
- manuellement, par exemple sous Excell ou Google sheet,
- avec un logiciel dédié, gratuit ou payant comme Shine, Tiime, Indy, Abby…
L’indépendant doit ensuite envoyer ses factures, suivre leur règlement et relancer lui-même en cas de retard.
En portage salarial, la société de portage gère la facturation
Le fonctionnement est différent en portage salarial. Le consultant réalise sa mission et négocie ses conditions avec son client, mais c’est la société de portage qui établit et adresse la facture au client selon les éléments prévus au contrat de prestation et l’activité déclarée.
Elle prend également en charge les mentions obligatoires, le dépôt sur les plateformes demandées par certains clients et, selon les sociétés, le suivi des règlements et les relances. Pour le consultant, l’intérêt est simple : moins de gestion administrative et plus de temps consacré à ses missions et à ses clients.
Un niveau de facturation minimum en portage salarial
En portage salarial, le chiffre d’affaires généré par le consultant doit être suffisant pour permettre le versement de la rémunération minimale prévue par la convention collective.
Ce minimum varie selon le profil du salarié porté :
- 70 % du plafond de la Sécurité sociale pour un salarié porté ayant moins de trois ans d’expérience ;
- 75 % pour un salarié porté plus expérimenté ;
- 85 % pour un salarié en forfait jours.
En pratique, le niveau de facturation mensuelle doit donc permettre de couvrir les frais de gestion, les cotisations sociales et d’assurer au consultant au moins la rémunération minimale applicable à sa situation.

Factures clients pour un indépendant : une gestion qui demande du suivi
Au-delà de la création de la facture, un consultant indépendant doit respecter le processus de facturation propre à chaque client.
Un grand groupe peut demander :
- une référence de commande,
- un numéro fournisseur ou
- un dépôt sur une plateforme spécifique (obligatoire depuis le 1er septembre 2026).
Une administration impose le passage par Chorus Pro.
Il faut donc bien récupérer les consignes avant d’émettre la facture, vérifier qu’elle est acceptée puis suivre son statut jusqu’au paiement. Cette gestion peut sembler simple, mais elle demande du temps et de la rigueur, surtout lorsque plusieurs clients utilisent des processus différents.